Ces dernières années, j’ai créé des mises en scène sous forme de sculptures et installations, objets triviaux, vestiges de nourritures et animaux qui référaient à des natures mortes. Mes compositions sont parfois funestes, souvent lumineuses et contiennent plusieurs éléments que l’on pourrait retrouver dans un marché aux puces. Pour ce nouveau corpus, mon sujet est inspiré par les médias, la politique et la monté en flèches des théories du complots. Je vais concevoir une installation inspirée par les théories du complot et plus particulièrement du groupe QAnon. Mes oeuvres transmettent ainsi ma vision dystopique de l’avenir. Néanmoins, plutôt que d’aborder le monde dans un esprit nihiliste, j’aime imaginer les ruines du futur comme offrant une myriade de nouvelles avenues à explorer.

Alors que ma pratique s’orientait autour du travail du plâtre coloré, dans des compositions photographiques et des sculptures faites d’objets trouvés, de rebus et de divers restes, la pandémie est venue chambouler mes plans. En particulier, la montée en force des voix complotistes dans l’espace public, sur les réseaux sociaux et parfois même dans mon entourage est devenu un sujet de fascination. Sorte de revers de la culture pop ludique, du kitsch assumé et mes installations plus grandes que nature que j’ai souvent exploités, les recherches menées cette année explorent la face sombre des croyances populaires, allant de conspirations mondiales au satanisme, entrecoupées de références tragico-absurdes au Pizzagate.